Coups de cœur

« Ils étaient vingt et cent » de Stanislas Petrosky aux éditions French Pulp

Gunther, 99 ans, témoigne pour que nous n’oublions jamais que le plus effroyable processus de déshumanisation a frappé à nos portes il y a si peu de temps.

Il revient sur sa vie, celle d’un gamin allemand terrassé par l’Histoire pendant la seconde guerre mondiale.

Jeune homme, Gunther est opposé au régime nazi. Mais ses parents le poussent à travailler pour le Reich.

Il est un excellent dessinateur et se trouve désigné illustrateur officiel du camp de Ravensbrück.

Il en dessinera tout : la construction du camp, le personnel et les détenus, la cruauté, les expériences médicales abjectes, sur les femmes et même les enfants, la faim et le froid, la maladie et la mort, en un mot : l’ignominie humaine.

Gunther est un jeune homme tiraillé entre ses convictions et sa volonté de survivre. Son humanité le conduira à se retrouver de l’autre côté des barbelés et à porter le pyjama rayé.

Il a côtoyé l’horreur des camps, l’ignominie humaine, la cruauté à l’état pur. Il raconte la solution finale, l’extermination de masse, la déshumanisation mais aussi les expériences médicales effroyables.

Il dessine tout, jusqu’à la libération du plus grand camp d’extermination. Pour ne pas oublier, pour témoigner, pour condamner.

Mais la libération n’est qu’un terme technique. Pour les âmes passées par Ravensbrück, Auschwitz ou les autres, il n’y aura jamais de libération totale et absolue, car comme le disait Marceline Loridan-Ivens :  » On ne revient jamais vraiment des camps  » .

Un livre pour ne jamais oublier et se rappeler que ces atrocités ont bien eu lieu ici, chez nous, il y a si peu de temps à l’échelle de l’histoire.

Un livre fort et essentiel, un travail documenté.

Je découvre ici un écrivain doué et puissant, qui porte la volonté de poursuivre le travail de mémoire avec force.

Il est maintenant de notre devoir en tant que lecteur, en tant qu’humain, de transmettre ses mots, même aux plus jeunes, surtout aux plus jeunes. Afin que la mémoire perdure.

Il n’existe aucune justification à ce qui a été perpétré. Mais si nous pouvions continuer à porter la mémoire et le courage des disparus, alors peut-être ne seront-ils pas morts pour rien.

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