Témoignage/Biographie/Essai

« L’Empreinte » d’Alexandria Marzano Lesnevich aux éditions Sonatine


 » Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.
Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l’autobiographie et du journalisme d’investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d’éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l’on imagine. Aussi troublant que déchirant. »

Indéfinissable vérité.

Inaudible.

Complexe.

Malléable.

L’auteure nous relate son expérience, celle de devoir défendre un pédophile, tueur d’enfant. Elle, pourtant défavorable à la peine de mort voit alors toutes ces certitudes voler en éclat. Mais pourquoi est elle si affectée dans sa propre chaire ? Elle met alors en parallèle sa propre histoire, puisque les chemins qu’elle va effectuer se recoupent. S’ensuit une quête de vérité à la fois personnelle et professionnelle.

J’ai souvent lu que ce livre avait changé le pont de vue de ses lecteurs sur certaines questions juridiques. Est ce mon cas ? Non.

Peut-être est ce dû à mon parcours ? J’ai rêvé d’être avocate dès l’âge de 14 ans. J’ai usé mes jeans sur les bancs de la fac de droit avant de renoncer à faire une école d’avocat, pour les mêmes raisons qu’elle (et aussi parce que je ne m’en suis jamais senti les capacités intellectuelles). J’ai presque été déçue que ce soit là où elle voulait en venir, pour être honnête, même si elle l’explique brillamment.

La vérité est malléable, on ne sait jamais où elle prend sa source exacte et nous ne sommes rien pour la juger telle ou telle, comme quelque chose de parfaitement définissable, aux contours nets et propres. Les avocats ne font que construire une histoire pour qu’elle colle à une vérité, celle qu’ils veulent mettre en avant. Mais tout est bien plus complexe. Il existe des Vérités et non Une Vérité universelle.

Comme le disait le doyen de ma fac de droit : « Le droit, ce n’est pas ce qui est juste. Le droit, c’est l’application de la loi ». Pour ceux qui rêvent de défendre des idéaux, on repassera. Mais c’est tellement vrai. La Vérité est bien trop complexe pour s’entrapercevoir dans un tribunal.

Si la fin de ce roman me laisse donc sur un goût de déception, je ne peux en revanche que saluer la virtuosité de l’auteure. Quelle plume ! Quelle intelligence dans la construction de son récit ! Elle mêle intelligemment et adroitement le journalisme, le thriller et l’autobiographie faisant de son récit un véritable page-turner à la fois édifiant, prenant et au souffle romanesque incontestable. Un grand moment de lecture que je ne regrette aucunement tant l’intelligence de l’auteure à agencer son récit relève du virtuose. Je ne peux que vous le conseiller, ce « roman » donne quoi qu’il en soit à réfléchir !

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