Coups de cœur·Roman

« Né d’aucune femme » de Franck Bouysse aux éditions La Manufacture de livres

Né d'aune femme
Franck Bouysse 
Roman choral


« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile. – Et alors, qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je. – Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. – De quoi parlez-vous ? – Les cahiers… Ceux de Rose. » Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. »

Voilà des mois que je voulais lire cet auteur, dont on vantait tant l’écriture. Pourquoi avoir tant attendu ? Par peur de la déception ? Probablement.

Mais quel roman ! Quelle plume ! Quelle puissance ! J’aurais pu dû le lire bien avant !

Dans ce roman choral, Rose nous embarque avec elle. Elle s’assoit près de nous et nous conte son histoire. Celle d’une toute jeune fille, appartenant à une famille de paysans pauvres et qui est vendu par son père à un riche rentier de la région. Ici, les jeunes filles pauvres ne rencontrent pas de prince charmant les sauvant de leur sort. Ici, les jeunes filles pauvres sont humiliées, violentées et traitées comme des objets. Je dois te laisser découvrir l’histoire réelle de Rose, ce destin à la fois funeste et lumineux. déchirant, cruel mais aussi plein d’espoir.

La plume de Franck Bouysse est absolument envoûtante. Sa noirceur te colle aux doigts et tourner les pages relève parfois de la torture, tant tu as envie de savoir ce qui va arriver à Rose, mais tellement tu redoutes en même temps la suite . Mais Franck Bouysse lui fait vivre toujours pire encore que ce que tu as imaginé.

J’ai lu ici ou là que ce roman était écrit à la manière d’un conte. Peut être que je me trompe, mais pour moi, il y a dans le conte une forte part de suggestion, de non-dits, de choses non dévoilées dans leur terrible vérité. Un truc destiné à justement te faire passer la pilule et la violence du réel. Or, pour moi dans ce roman, on trempe dans un réalisme terrifiant . Je n’ai rien ressenti du conte, si ce n’est ce lieu pas tout à fait précisé et cette météo qui semble aussi noire, grise et pluvieuse que l’ambiance du roman.

Quoi qu’il en soit, ce roman m’a laissé avec la sensation d’un truc glauque qui me collait à la peau et assombrissait presque mon moral. Glauque, mais en même temps presque poétique, tant le tragique destin de cette jeune fille est décrit avec virtuosité et émotions. Et puis, rassure toi Franck Bouysse sait avec magie te distiller quelques rayons de lumière dans toute cette noirceur. Ça permet de reprendre son souffle…

Pour ma part, le destin de Rose et son caractère majestueux et incroyablement combatif restera gravé longtemps en moi. Elle fait désormais partie de ces personnages, pas si nombreux et précieux, que je ne pourrai jamais plus oublier.

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